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Institut Pasteur
Cancer du col de l'utérus : surveiller, comprendre, traiter Imprimer Envoyer

Le cancer du col de l’utérus est dans le monde le deuxième cancer le plus fréquent chez la femme. Il est à l’origine de 250 000 à 300 000 décès par an. En France, on dénombre environ 3000 cas annuels, et plus de 1000 décès. Le cancer du col de l’utérus est le premier cancer reconnu comme imputable à 100 % à une infection virale due à un papillomavirus. Ces papillomavirus humains (HPV) sont un groupe de petits virus à ADN se divisant en 2 familles : ceux qui affectent la peau (verrues par exemple) et ceux qui affectent les muqueuses. Les papillomavirus HPV 16 et 18 sont à l’origine de plus de 70 % des cas.

PAPILLOMAVIRUS

Papillomavirus. Ils causent la prolifération d'épithélium conduisant à des néoplasies en général bénignes (verrues), et parfois malignes (cancer du col de l'utérus).


Objectifs des recherches

Les équipes de Claude Leclerc et de Daniel Ladant ont développé, en partenariat avec l'entreprise Genticel (antérieurement BT-Pharma), un candidat-vaccin thérapeutique contre le cancer du col de l'utérus. Cette entreprise a été incubée à Pasteur-Biotop, l'incubateur de jeunes entreprises de l'Institut Pasteur. Leur objectif est de mettre au point un vaccin thérapeutique qui, contrairement au vaccin préventif déjà proposé sur le marché, pourrait agir chez des patientes déjà infectées ou ayant déja développé une lésion cancéreuse. Le principe de cette vaccination est de stimuler le système immunitaire des patientes pour l'amener à détruire les cellules infectées ou cancéreuses. Celles-ci sont identifiables car elles expriment la protéine virale E7, qui joue le rôle de signal de reconnaissance par le système immunitaire.

Avancée des recherches

Les chercheurs ont conçu le candidat-vaccin comme un petit missile à trois étages : le premier, la tête chercheuse, est chargé de reconnaître les cellules dendritiques, les plus performantes pour déclencher la réponse des lymphocytes T (des globules blancs, acteurs essentiels du système immunitaire). Le deuxième étage transporte le troisième, la protéine E7, à travers la membrane des cellules dendritiques. Une fois à l'intérieur de la cellule, la protéine E7 est prise en charge par la machinerie cellulaire pour être présentée aux lymphocytes T et initier une réaction immunitaire. Ce candidat-vaccin est dirigé à la fois contre les virus HPV 16 et HPV 18 : il serait ainsi efficace contre plus de 70 % des cancers du col de l'utérus. Un essai clinique chez l'homme est programmé pour 2010 par la société Genticel (http://genticel.com).

En parallèle, et en utilisant cette même stratégie de « missile à trois étages », les équipes de Claude Leclerc et Daniel Ladant ont également développé un vaccin thérapeutique contre le mélanome qui devrait entrer en essai clinique chez l’homme dans les mois qui viennent.

Biopsie-du-col-utrin unite-genetique
Biopsie du col utérin qui montre des cellules dysplasiques infectées par un Papillomavirus L’unité "Génétique Papillomavirus et Cancer humain" mène des études sur l'infection par les papillomavirus humains (PVH ou HPV).
 
 
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Claude Leclerc

Unité de Régulation Immunitaire et Vaccinologie (Institut Pasteur-Inserm U883)

Claude Leclerc

Daniel Ladant

Unité de Biochimie des interactions macromoléculaires

Daniel Ladant

Un cancer sous haute surveillance

À la suite de la récente mise sur le marché des premiers vaccins préventifs contre le cancer du col de l'utérus, le Ministère de la santé a créé et confié fin 2008 à l'Institut Pasteur le Centre national de référence (CNR) des papillomavirus humains (HPV). Le CNR a pour mission de surveiller la distribution des papillomavirus dans la population française et de pister l'éventuelle émergence de nouveaux génotypes ou de variants des virus présents dans les vaccins.

VACCIN PRÉVENTIF ET THÉRAPEUTIQUE QUELLE DIFFÉRENCE ?

La vaccination consiste à inoculer dans l'organisme un microbe (bactérie, virus ou parasite) affaibli, tué ou modifié afin de stimuler nos défenses immunitaires. Les vaccins les plus répandus sont préventifs : nos défenses immunitaires gardent en mémoire l'attaque du microbe et sont capables de réagir avec efficacité en cas d'infection.
Cependant, les chercheurs développent également des vaccins thérapeutiques destinés aux malades : le but est de renforcer un système immunitaire déjà affaibli pour l'aider à combattre efficacement une infection ou une maladie telle que le cancer.
   
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