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La première épidémie due au virus Chikungunya a été décrite en Tanzanie en 1952. Le virus tire son nom du Makondé, une langue bantoue, et signifie « qui marche courbé en avant », évoquant la posture adoptée par les malades souffrant d’intenses douleurs articulaires. L'infection par le virus Chikungunya, transmise à l'homme par des moustiques, se transmet selon un mode endémo-épidémique sur les continents africain et asiatique, en particulier en Inde (environ 1,5 millions de cas avérés depuis 2006), et dans l'Océan Indien (notamment à l’Ile de la Réunion en 2005-2006).
Moustique femelle du genre Aedes, vecteur du Chikungunya et de la Dengue
Récemment, le virus Chikungunya a également émergé en Europe, touchant près de 300 personnes en Italie. Actuellement, ce virus a un risque sérieux de dissémination dans les pays occidentaux du fait de la présence de son moustique vecteur dans 12 pays européens et aux Etats-Unis.
Objectifs des recherches
Le Centre National de Référence des Arbovirus de l’Institut Pasteur est impliqué dans le diagnostic et l’épidémiologie moléculaire des arboviroses et notamment du Chikungunya depuis le mois de mars 2005. En 2006, au pic de l’épidémie qui touche l’Ile de la Réunion, l’Institut Pasteur a lancé un vaste programme de recherches sur ce virus impliquant une douzaine d’équipes coordonnées par Félix Rey, Directeur du département de virologie. Ces équipes travaillent de façon complémentaire pour la mise au point de nouveaux outils de diagnostic, le séquençage et la caractérisation de souches virales isolées dans l'océan Indien, la recherche des facteurs de virulence du virus, l’étude de la transmission par le moustique vecteur, de la physiopathologie de l’infection chez l'homme et l’animal, et la mise au point de traitements contre l’infection.
Avancée des recherches
Ces travaux ont depuis permis d'élaborer des outils pour le diagnostic viral et pour une meilleure compréhension de la pathogénie de l'infection chez l'homme. En 2008, les chercheurs du groupe Microorganismes et barrières de l'hôte dirigé par Marc Lecuit ont développé le premier modèle animal de l'infection par le virus Chikungunya. Ils ont ainsi pu prouver que le virus se transmettait de la mère à l'enfant, observant notamment que les nouveau-nés ont une probabilité accrue de développer des formes graves de la maladie. En 2009, ils ont réussi à traiter et à prévenir l'infection chez l'animal en utilisant du plasma de patients guéris de la maladie. Cette découverte ouvre ainsi la voie à la mise au point rapide d'un premier traitement spécifique contre la maladie. Ils étudient actuellement en collaboration avec d’autres équipes de l’Institut les facteurs qui contrôlent la susceptibilité de l’hôte à l’infection et la réplication virale.
Cette infection constitue en outre un modèle de maladie infectieuse émergente, et l’approche qui a été suivie pour l’étudier est transposable à d’autres pathogènes émergents, pour lesquels l’Institut Pasteur pourrait mettre à profit son expertise.
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