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Contexte
Avec 700 000 nouveaux cas par an dont 9000 en France, le cancer de l'estomac est la 2ème cause de mortalité par cancer dans le monde et la première dans les pays en développement. Longtemps attribués au stress, les cancers gastriques et les ulcères gastroduodénaux sont en réalité fortement associés à l'infection de l'estomac par une bactérie pathogène appelée Helicobacter pylori. C'est l'une des infections chroniques les plus répandues dans le monde : de 20 à 90 % des individus adultes sont infectés selon les pays. Acquise pendant l'enfance, l'infection perdure pendant des décennies, voire toute la vie, la plupart du temps sans provoquer de symptômes. Chez environ 10 % des personnes infectées, l'infection évolue vers une maladie ulcéreuse, 1 à 3 % développeront un cancer gastrique.
Objectifs des recherches
Les deux unités de l'Institut Pasteur spécialisées dans l'étude de cette bactérie travaillent à déterminer quel est son rôle dans le développement de pathologies gastriques.
Comprendre pourquoi la bactérie H. pylori provoque des cancers
Les scientifiques de l'Unité de Pathogenèse de Helicobacter, dirigée par Hilde de Reuse, étudient à la fois les facteurs de virulence de la bactérie et la réponse de l'hôte à l'infection. L'équipe se penche plus spécifiquement sur les facteurs de persistance qui permettent à H. pylori de résister pendant des années aux conditions très acides et donc particulièrement hostiles de l'estomac et de s'y multiplier. Eliette Touati, au sein de l'unité cherche à comprendre comment H. pylori induit des instabilités génétiques dans les cellules de l'hôte, des événements précoces qui sont impliqués dans le processus de cancérogenèse. En décryptant comment la bactérie persiste dans l’estomac et dérégule les fonctions cellulaires de l’hôte, l’unité tente donc de mieux comprendre les processus qui aboutissent aux lésions cancéreuses.
Helicobacter pylori, bactérie au rôle pathogène dans les cancers de l’estomac
Fragiliser la bactérie H. pylori
De son côté, le groupe Biologie et génétique de la paroi bactérienne (Institut Pasteur-Avenir Inserm), dirigé par Ivo Gomperts Boneca, se penche sur la paroi bactérienne, l'enveloppe la plus externe de H. pylori. Cette paroi, essentielle aux bactéries, constitue une excellente cible thérapeutique. Les scientifiques étudient la construction de la paroi pour développer de nouveaux antibiotiques qui permettraient de répondre aux problèmes de résistance. Parallèlement, ils analysent aussi les stratégies de camouflage de la paroi mises en place par H. pylori, pour échapper à sa détection par l'hôte et permettre leur persistance.
Avancée des recherches
Les scientifiques ont déjà identifié des mécanismes originaux qui pourraient constituer des pistes intéressantes pour lutter contre l'infection. En outre, les recherches de ces deux groupes ont pour but de trouver de nouvelles cibles pour les médicaments, car la fréquence des souches résistantes aux antibiotiques utilisés actuellement est en forte augmentation. Les chercheurs s'intéressent en parallèle à identifier des facteurs de risques, comme des facteurs propres à l'hôte, ou liés à l'environnement, qui pourraient favoriser l'évolution vers un cancer.
Helicobacter pylori dans les cryptes glandulaires
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