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La zone neurogénique la plus importante se situe au cœur du cerveau où sont produites les nouvelles cellules. On peut voir ici en bleu les neurones juvéniles, en vert les cellules gliales et en rouge les cellules souches venant de se diviser. |
Chaque année, 7 millions de personnes dans le monde meurent des suites de troubles du cerveau. De toutes les affections neurologiques, les pathologies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson, chorée de Huntington) sont sans doute les plus invalidantes. Ces maladies résultent d’une destruction massive, irréversible et sélective de neurones conduisant à l’affaiblissement progressif des fonctions intellectuelles. Elles constituent aussi un véritable drame pour les familles, condamnées à assister au déclin d’un proche souvent rendu méconnaissable par la progression de la maladie.
Le premier rôle de la recherche est d’approfondir la connaissance et la compréhension des maladies neurodégénératives afin de réaliser de nouvelles avancées dans ce domaine. En effet, pour toutes ces maladies, plus l’accès aux soins est tardif, plus les malades peinent à conserver leurs activités quotidiennes. La précocité et la qualité du diagnostic sont donc deux éléments déterminants pour atténuer les difficultés des personnes et de leur famille.
La prévention constitue un deuxième champ d’investigation. Les chercheurs ont déjà prouvé que la stimulation du cerveau favorisait de nouvelles connexions entre neurones, et que cette dynamique contribuait à retarder le vieillissement des cellules cérébrales. Enfin, certaines équipes sont parvenues à identifier des pistes thérapeutiques qui pourraient, à terme, permettre d’enrayer le développement des maladies neurodégénératives.
Objectifs des recherches
Plusieurs équipes de l’Institut Pasteur concentrent leurs recherches sur la capacité du cerveau à se régénérer. L’objectif est de parvenir à remplacer les neurones détruits par les maladies. En 2003, l’équipe de Pierre-Marie Lledo mettait en évidence au centre du cerveau une pouponnière de cellules souches (cellules gliales) ayant la capacité de se transformer en neurones ainsi qu’une molécule capable de détourner le flux des jeunes neurones vers une zone affectée par la maladie de Parkinson. En 2006, les essais en laboratoire ont démontré que ces neurones parvenaient à remplacer ceux détruits par la maladie.
Avancée des recherches
Aujourd’hui, Pierre-Marie Lledo et son équipe apportent de nouveaux espoirs pour les stratégies thérapeutiques qui visent à réparer le cerveau. En collaboration avec l’unité de Virologie moléculaire et vectorologie, dirigée à l’Institut Pasteur par Pierre Charneau, les chercheurs prouvent en effet que les cellules souches de type glial, capables de se transformer en neurones, sont localisées non seulement dans la zone de formation qu’ils ont identifiée en 2003, mais également tout le long d’un tunnel dans lequel migrent les nouveaux neurones, ainsi que dans le bulbe olfactif (extension du cortex situé immédiatement au-dessus des fosses nasales).
Les chercheurs ont pu observer et prouver directement ce phénomène grâce à la mise au point d’un vecteur capable de rendre les cellules gliales fluorescentes. Après avoir injecté ce vecteur dans la zone neurogénique déjà connue, puis dans de nouveaux territoires, ils ont constaté que de nombreuses régions du cerveau devenaient fluorescentes, et possédaient donc la capacité unique à produire des neurones.
L’équipe a en outre observé que l’absence de stimulation olfactive, à la suite d’une lésion de l’organe sensoriel, intensifiait la transformation des cellules gliales en neurones. Cette formation des néo-neurones ainsi exacerbée prouve donc que le cerveau possède des propriétés d’autoréparation.
Grâce à cela, les chercheurs ont l'espoir de contribuer à élaborer de nouvelles stratégies thérapeutiques, pour le traitement des pathologies neurodégénératives comme la Chorée de Huntington ou la maladie de Parkinson.
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