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Institut Pasteur
Les espoirs de la thérapie génique pour les maladies de Sanfilippo et de Hurler Imprimer Envoyer

Bien que les maladies neuro-dégénératives soient spontanément associées au grand âge, elles peuvent aussi affecter les individus dès l’enfance. C’est le cas des maladies lysosomales.

Ces pathologies comprennent une cinquantaine de maladies qui, toutes confondues, touchent environ un nouveau-né vivant sur 7500. Elles représentent donc un problème de santé publique. Elles sont caractérisées par l'accumulation intra-lysosomale de métabolites (molécules présentes dans toutes les cellules de l’organisme et indispensables à sa vie) de nature diverse, et par des symptômes très variés. La maladie de Hurler et celle de Sanfilippo sont deux formes proches de maladies lysosomales.

Les chercheurs de l’unité de Jean-Michel Heard travaillent donc à la mise en place d’un traitement par thérapie génique afin de ralentir et dans l’idéal de soigner ces maladies.

La maladie de Hurler

Elle est une forme grave de la mucopolysaccharidose de type I. Cette maladie est due au déficit de la protéine IDUA qui provoque chez l’enfant des atteintes neurologiques graves, d’importantes déformations osseuses et des troubles cardiaques sévères.

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La maladie de Sanfilippo

La maladie de Sanfilippo, ou Mucopolysaccharidose de type III, est une maladie génétique rare liée au déficit d’une enzyme qui provoque l’accumulation des saccharides (un saccharide est une molécule qui comprend diverses espèces de sucres) dans les cellules du cerveau. Dès l’âge de 3/4 ans, les conséquences de cette accumulation se manifestent par des troubles du comportement et de l’agressivité. S’en suit un retard mental qui va entraîner progressivement un arrêt de la parole puis de la marche. A partir de 7/8 ans, les enfants ne communiquent plus et souffrent d’un très profond retard mental qui les rend fortement dépendants. L’espérance de vie est très réduite, le décès survient entre 15 et 20 ans.

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Jean-Michel Heard

Unité Rétrovirus et transfert génétique

jm-heard

Le principe de la thérapie génique

Si le principe est simple (intégrer dans les cellules malades une copie correcte du gène défaillant), la mise en œuvre se heurte à plusieurs difficultés. Il s’agit d’abord de trouver le bon vecteur capable d’atteindre l’ADN au cœur du noyau de la cellule. Les virus sont privilégiés par les chercheurs car ils savent atteindre naturellement les gènes dans le noyau.  Il existe déjà de nombreux virus utilisés pour la thérapie génique. Choisis pour traiter une maladie en fonction de leurs propriétés, ils sont rendus inoffensifs avant d’intégrer le gène.
Il faut par ailleurs tenir compte de la réaction immunitaire de l’organisme. En effet, il peut reconnaître le vecteur comme un corps étranger et le rejeter. Pour éviter ce problème, certaines équipes s’intéressent aux vecteurs dits synthétiques tel que des capsules constituées par des molécules graisseuses. Toutefois, elles présentent aussi des inconvénients car elles peuvent être toxiques pour la cellule si elles sont administrées en trop grande quantité.

L’enjeu de la thérapie génique est de prendre en compte les spécificités de chaque maladie et de chaque malade. En effet, selon la maladie, le gène-médicament peut être transféré par voie sanguine, par injection directe dans l’organe ou par prélèvement des cellules qui sont modifiées puis réintroduites dans l’organisme.

Outre les maladies génétiques, de nombreuses autres maladies sont candidates à la thérapie génique : les cancers, les maladies cardio-vasculaires, de nombreuses affections su système nerveux comme Alzheimer ou Parkinson, et certaines maladies infectieuses.

   
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