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Institut Pasteur
Mise au point d’outils pour le diagnostic et le suivi thérapeutique de l’ulcère de Buruli Imprimer Envoyer

Mycobacterium ulcerans

Mycobacterium ulcerans, agent étiologique de l'ulcère de Buruli,
en microscopie électronique à balayage.

L'ulcère de Buruli est une maladie cutanée évolutive se manifestant par des ulcères cutanés évolutifs et causée par une bactérie : Mycobacterium ulcerans. En l'absence de traitement, les personnes atteintes présentent de graves handicaps : limitations importantes des mouvements articulaires et cicatrices invalidantes entre autres.
La maladie émerge de manière alarmante depuis les années 1980 dans toutes les régions tropicales du globe, particulièrement en Afrique de l'Ouest où son incidence dépasse celle de la tuberculose et de la lèpre dans les zones endémiques. Cette incidence peut atteindre 22 % dans certains pays, un chiffre probablement sous-évalué car issu du dépistage passif. Dans la plupart des pays où la maladie est notifiée, elle frappe des personnes démunies, vivant dans des zones rurales isolées avec un accès limité aux soins.
Depuis 1998, l'OMS anime des campagnes de contrôle de la maladie et encourage les chercheurs à concentrer leurs efforts sur l'identification de meilleurs outils diagnostiques et thérapeutiques pour endiguer sa progression. Dans cette optique, l'équipe du Dr Roland Brosch s'est fortement impliquée et a contribué à des avancées majeures dans la compréhension de la pathogénicité1 de M. ulcerans et en particulier du rôle joué par une toxine immunosuppressive spécifiquement produite par cette bactérie : la mycolactone.

1 Pouvoir d'un organisme, d'une substance à causer une maladie

Objectifs des recherches

Le projet de l'Unité postulante de Pathogénomique Mycobactérienne intégrée propose d'identifier des interactions spécifiques de la mycolactone qui pourront servir de base à des tests de diagnostic et à de nouvelles approches thérapeutiques. Il vise en outre à identifier des corrélats immunologiques de la réponse des patients aux antibiotiques qui pourront aider le suivi des malades et l'optimisation des traitements.
Pour répondre à ces objectifs, le programme de recherche de l'unité du Dr Roland Brosch s'articule autour de deux thèmes :

- développer un test de diagnostic précoce de la maladie qui soit peu coûteux et utilisable dans les conditions de terrain. En effet, bien que le dépistage de la maladie soit généralement réalisé sur le terrain par diagnostic différentieI, le test nécessaire requiert des réactifs coûteux, un personnel qualifié et un laboratoire approprié pour éviter les faux positifs. Dans la pratique, c'est un test qui convient aux pays développés, mais n'est pas adapté aux conditions de terrain de la plupart des zones endémiques.

- identifier des marqueurs biologiques de la réponse des patients aux traitements antibiotiques qui pourraient servir de base à un test sérologique de suivi thérapeutique.



Avancée des recherches

Concernant le développement d'un test de diagnostic précoce, la stratégie des chercheurs consiste à développer des réactifs capables de reconnaître la mycolactone dans des fluides biologiques. Leurs travaux dans des modèles souris ont effectivement démontré que la mycolactone circulait dans le sang périphérique dès les phases précoces de la maladie et bien avant que ne surviennent les lésions ulcératives.
Par ailleurs, au sujet du deuxième thème de recherche, les scientifiques travaillent sur l'hypothèse suivante : si la bactérie induit une immunosuppression chez l'hôte, elle doit être reflétée par la modulation de molécules inflammatoires dosables dans le sang circulant. En accord avec cette hypothèse, des résultats préliminaires indiquent que le profil de chimiokines (famille de petites protéines permettant l'attraction et le contrôle de l'état d'activation des cellules du système immunitaire) circulantes est modifié de manière caractéristique chez les patients atteints de l'ulcère de Buruli. Ces molécules pourraient agir en tant que marqueurs de l'évolution de la maladie et de la réponse thérapeutique. Leurs concentrations pourraient être suivies au cours du traitement antibiotique ou après chirurgie.

De manière générale, les scientifiques de l'unité de Pathogénomique Mycobactérienne intégrée cherchent à faire la preuve de concept que la détection de la mycolactone dans le sang des malades peut permettre le diagnostic précoce de la maladie et définir les bases d'un test de dépistage. En outre, l'étude de la réponse immunologique des malades au traitement leur permettra de mieux comprendre la pathogénie de l'ulcère de Buruli et l'action immunosuppressive de la bactérie sur l'hôte. En parvenant à identifier des corrélats biologiques de la progression de l'infection, il pourra être envisagé de développer un test immunochimique permettant d'évaluer la réponse thérapeutique des patients au traitement.

 
 
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Roland Brosch

Unité postulante de Pathogénomique Mycobactérienne

Dr Roland Brosch

Punaise aquatique

Punaise aquatique

Punaise aquatique jouant un rôle dans l'écologie de Mycobactérium Ulcerans et qui pourrait être un vecteur du bacille.

   
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